L’industrie pharmaceutique au Chili

Une très forte croissance au cours de la dernière décennie


L’industrie pharmaceutique chilienne a connu une des croissances les plus fortes d’Amérique latine lors de la dernière décennie. En effet, la part de l’industrie pharmaceutique chilienne dans le PIB est d’environ 1,2 %, tandis que les exportations représentent 1,1 % de l’industrie manufacturière totale.

Le système de santé chilien est un des meilleurs d'Amérique latine
Le système de santé chilien est un des meilleurs d’Amérique latine

Ainsi, au cours de la période 2010-2015, le chiffre d’affaires de l’activité pharmaceutique au Chili a progressé pour atteindre 5,3 % en moyenne annuelle.

Le secteur chilien est avant tout très dynamique en ce qui concerne les importations : lors de la période 2012-2017, elles ont augmenté de 14 % pour atteindre 1 333 millions de dollars en 2017, avec des indices constants d’environ 3 % par an en unités et 8 % par an en ventes.

Voici-ci dessous le montant des exportations totales du pays pour la période 2015-2017 :

  • 2015 : 198 812 988 USD
  • 2016 : 166 039 879 USD
  • 2017 : 147 215 336 USD

En 2017, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse, la France, l’Inde, le Canada, le Brésil, l’Argentine, le Royaume-Uni et l’Irlande sont les principaux pays d’origine des importations chiliennes. Le classement est dominé par la présence de pays européens. Mais le trio de tête : Equateur, Bolivie et Pérou.

Les perspectives pharmaceutiques mondiales sont en croissance, avec un chiffre d’affaires qui devrait atteindre EUR 932 934 millions en 2022. Au Chili, le marché devrait également connaître une croissance régulière à partir de 2018, avec des hausses comprises entre 6 % et 7 %. Cette croissance sera tirée par les médicaments pour les maladies rares, le diabète, l’obésité, le VIH, la MPOC, les médicaments anticancéreux et les immunostimulants, qui ont des exigences plus inélastiques.

La production pharmaceutique, un secteur très éclaté

Bien que relativement petit par rapport aux industries de pays comme le Mexique ou le Brésil, le marché chilien est dynamique et en phase d’expansion. Il est caractérisé par un modèle de libre-échange, dans lequel la concurrence réglemente, en théorie, les prix.

Le marché pharmaceutique chilien est composé d’un total de 180 laboratoires qui importent, produisent et distribuent environ 270 000 000 d’unités de produits, ce qui équivaut à des ventes dépassant 1 667 millions USD en 2017.

Cette industrie est bien sûr étroitement liée au système de santé chilien. Ce dernier est un système mixte, auquel participent des acteurs publics et privés. Il est réglementé et financé par l’État, ainsi que par les contributeurs et les entreprises. Le principal acteur du secteur public est FONASA, qui suit un système d’assurance universel et solidaire. Il existe une obligation légale de contribution pour la santé (7 %) pour tous ceux qui reçoivent un revenu supérieur au salaire minimum de 276 000 pesos. Les principaux acteurs du secteur privé sont les institutions de santé de la sécurité sociale (ISAPRE).

Un secteur de la distribution très concentré

Au Chili, le secteur pharmaceutique est caractérisé par une forte concentration dans les canaux de distribution, où trois grandes chaînes de pharmacies se partagent 90 % des ventes. Il n’y a pas de restrictions pour l’installation de pharmacies dans un espace géographique donné, donc plusieurs peuvent coexister dans la même rue. L’approche comerciale actuelle de ces chaines de pharmacie est de maximiser leur marge, quel que soit le cout pour le consomateur. Il n’est pas rare de se voir proposer des médicaments à 15,000 ou 20,000 CLP la boite, quand un médicament générique est également disponible pour 10 fois moins cher. Il faut vraiment lutter pour obtenir des génériques.

Ainsi, trois principales chaînes de pharmacies dominent le marché : Ahumada, Salcobrand et Cruz Verde. Celles-ci détiennent 51,2 % des établissements pharmaceutiques et contrôlent environ 89,9 % des ventes totales du marché, ce qui leur confère un grand pouvoir de négociation, et ont un contrôle sur les prix (1).

Selon le Ministère de la santé du Chili, il existe 2 955 pharmacies, dont près de la moitié sont situées dans la région métropolitaine. De même, 1 518 établissements sont répartis dans le reste du pays, avec une plus grande incidence dans les régions de Valparaíso (313 pharmacies), Bío Bío (273), Maule (187) et O’Higgins (134).

Le Chili, un pays innovant dans la recherche pharmaceutique

S’il est vrai que l’industrie pharmaceutique mondiale est fortement concentrée dans les pays les plus industrialisés, certains pays d’Amérique latine participent de plus en plus à des innovations de nature biotechnologique. En particulier, le Chili est en train de devenir un marché émergent pour la recherche clinique, avec un indice par habitant pour les études qui place le pays à l’avant-garde en Amérique latine, avec 0,34 étude pour 10 000 habitants.

On estime que les laboratoires multinationaux investissent au total 30 millions USD par an dans les essais cliniques, auxquels participent 6 500 patients chiliens et environ 1 400 chercheurs.

Les défis du secteur

  • Le projet de loi sur les médicaments (REF) pourrait affecter la forte croissance du secteur. Ce projet de loi vise principalement à réduire le prix des médicaments de 15 à 25 %. C’est pourquoi on s’attend à une augmentation des ventes de médicaments génériques au détriment des médicaments de marque, ce qui entraînera une réduction des marges.
  • La vente en ligne de médicaments est en forte augmentation, alors qu’elle était quasi inexistence jusqu’en janvier 2018 au Chili. En 2017, les achats sur Internet ont connu une augmentation de 30 %. En effet, la rapidité de livraison et la transparence des prix offertes par les portails de vente de médicaments sont des facteurs encourageants ce type de vente.
  • Le vieillissement de la population chilienne aura pour conséquence une tendance à la hausse des ventes de médicaments à destination des personnes âgées.
  • Les classes moyennes et supérieures ont commencé à consommer des produits plus sophistiqués tels que les suppléments pour la nutrition sportive et la gestion du poids, ainsi que les vitamines.
  • Après une décennie de recul de la part du marché pharmaceutique, les médicaments génériques ont augmenté leur part de marché pour représenter 33 % du total. Cette situation découle directement de la politique gouvernementale visant à démontrer que les génériques offrent les mêmes niveaux d’efficacité et de sécurité pour les patients, ainsi que de l’ouverture de nombreuses pharmacies municipales vendant les médicaments au juste prix.

Sources :

  1. https://es.wikipedia.org/wiki/Colusi%C3%B3n_de_precios_en_farmacias_chilenas
  2. http://www.colegiofarmaceutico.cl/index.php/71-ley-farmacos-2/2840-proyecto-de-ley-de-farmacos-ii
  3. https://www.icex.es/icex/GetDocumento?dDocName=DOC2018789896&urlNoAcceso=/icex/es/registro/iniciar-sesion/index.html?urlDestino=https://www.icex.es:443/icex/es/navegacion-principal/todos-nuestros-servicios/informacion-de-mercados/estudios-de-mercados-y-otros-documentos-de-comercio-exterior/DOC2018789896.html&site=icexES
  4. http://www.siicex.gob.pe/siicex/documentosportal/alertas/documento/doc/358455787rad95CC1.pdf