Le secteur fruticole, pilier de l’agriculture chilienne

Un secteur en plein expansion

Depuis plus de 30 ans, le Chili a augmenté et diversifié sa production de fruits, qui sont surtout destinés à l’exportation en Asie, Europe et Amérique du Nord. Le pays produit aussi bien les fruits frais comme le raisin de table, les cerises, les prunes, les pommes, les avocats, les poires, que les fruits secs, déshydratés et/ou congelés.

Couvrant pas moins de 320 000 hectares, pourvoyant 73 000 emplois fixes et 383 000 saisonniers, et contribuant à un taux de 39,2 % du PIB du secteur, la fruticulture a acquis aujourd’hui une réelle importance dans le paysage économique du pays (1).

Un primeur au Chili
Un primeur au Chili

Une géographie propice à la culture du fruit

La zone centrale, qui représente 68 % de la superficie fruitière du pays, a poursuivi un processus d’expansion soutenu au cours des 15 dernières années. Cependant, l’émergence de nouveaux arbres fruitiers dans cette zone et la stabilisation des pommiers entrainent le déclin de la culture des vignes, qui était pourtant prédominante dans les premières étapes du développement de la culture fruitière pour l’exportation. La culture de ces vignes diminue au profit des oliviers, cerisiers, noyers ou encore noisetiers.

Il convient de noter l’augmentation en valeur absolue de 15 913 hectares de la superficie fruitière dans la zone sud-austral, entre les régions de Bío Bío et Los Lagos, ce qui représente une augmentation de 221 % dans une zone géographique où, comme dans la zone semi-aride, l’irrigation en surface n’était pas pratiquement disponible pour cette nouvelle zone fruitière.

Les régions de La Araucanía et Ñuble, qui avaient une production fruitière quasiment nulle en en 2003, sont celles qui ont connu la plus forte croissance en pourcentage dans ces domaines, se plaçant aujourd’hui en sixième et septième position dans le classement des zones fruitières. Il s’agit là d’un signe clair de l’engagement de l’expansion de la culture fruitière au sud des foyers géographiques d’expansion primitive.

Globalement, le secteur montre un processus d’expansion continue de près de 50 % au cours des quinze dernières années. Cependant, un des premiers aspects qui ressort dans la description de la culture fruitière nationale est son hétérogénéité, aussi bien entre les espèces que dans les territoires où les plantations sont développées. Les raisins de table, les pêches et les nectarines, les oranges, les pommes vertes et les avocats ont toujours constitué les principales exportations nationales. Cependant, toutes ces cultures présentent des réductions significatives de superficie, malgré le fait que la vigne de table reste l’espèce la plus présente dans le pays.

Les défis du secteur fruticole

La forte croissance du secteur a un important impact sur ses paysages productifs qui sont modernisés, malgré les restrictions des ressources en eau, en particulier dans les vallées semi-arides qui sont encore en pleine expansion. En effet, les producteurs recherchent de plus en plus des zones climatiques de maturation plus précoces, pour atteindre de meilleurs prix – d’abord sur les marchés nord-américains et européens-, et incorporent dans ce processus les hautes zones des vallées semi-arides du Norte Chico, essentiellement Copiapó et Limarí. Le besoin permanent du secteur fruticole en ressource en eau semble être son principal défi actuellement.

Par conséquent, de forts investissements en technologies et infrastructures pour répondre à ses enjeux sont toujours demandés.

De même, cette croissance du secteur génère également des besoins et des demandes en matière d’infrastructures de communication et d’accès aux ports du pays.

  1. https://www.odepa.gob.cl/wp-content/uploads/2019/05/Art%C3%ADculo-Fruticultura_mayo-1.pdf